Une nouvelle revue systématique portant sur 54 études de modélisation aboutit à une conclusion complémentaire : la persistance de la peste porcine africaine chez les sangliers ne peut s’expliquer par un seul facteur. En Europe et en Asie, la présence de carcasses infectées, la densité des sangliers et leurs déplacements apparaissent comme les facteurs les plus récurrents, tandis que l’habitat et la saisonnalité influencent la transmission locale.
Une analyse récente soutenue par l’EFSA a déjà précisé le rôle de la densité des sangliers, montrant que celle-ci semble plus importante pour l’expansion géographique de la peste porcine africaine que pour la persistance du virus une fois celui-ci établi ; les conditions environnementales et épidémiologiques locales deviennent alors plus déterminantes.
Publiée dans iScience, cette synthèse passe en revue des études menées dans 29 pays et publiées entre 2014 et 2024. Les modèles portant sur les facteurs de risque et les modèles spatio-temporels prédominent dans la littérature, tandis que relativement peu d’études ont quantifié la dynamique de transmission ou l’efficacité des interventions.
Les carcasses restent au cœur du problème
Le cycle sanglier-environnement est apparu dans 38 des 54 études, soit 70,4 %. L’infection était maintenue par contact direct et par exposition indirecte à des carcasses, au sol et à l’eau contaminés. Les conditions climatiques froides et les environnements forestiers ont été associés à plusieurs reprises à une persistance environnementale plus longue.
Cela explique pourquoi la PPA peut persister même après une baisse des effectifs de sangliers. Cette synthèse identifie donc la détection et l’enlèvement des carcasses, la surveillance passive et la gestion de l’environnement comme des priorités majeures en matière de lutte contre la maladie.
La densité est importante, mais les déplacements relient les populations
La densité des sangliers figurait parmi les facteurs de risque les plus fréquemment signalés, au même titre que les déplacements et les carcasses infectées. Les déplacements et la connectivité des habitats permettent au virus de se propager entre les sous-populations, tandis que le couvert forestier, l’adéquation de l’habitat et la proximité de foyers antérieurs peuvent modifier le risque au niveau local. principal
Les détections de PPA ont également tendance à atteindre leur pic pendant les mois les plus froids, en particulier de novembre à avril.
L’interface avec les porcs d’élevage reste importante
Douze études, soit 22,2 %, ont examiné la transmission entre les sangliers et les porcs domestiques. Cette voie de transmission était particulièrement pertinente lorsque l’habitat des sangliers chevauchait des élevages porcins présentant un faible niveau de biosécurité. Les vecteurs potentiels comprenaient les aliments contaminés, l’eau, le matériel de chasse, les objets contaminés et l’activité humaine.
Les modèles présentent encore des limites importantes
Seules sept études ont fourni des estimations du R0, avec des valeurs allant d’environ 1,14 en Sardaigne à plus de 4 dans certains modèles saisonniers sud-coréens. Les méthodes variant considérablement, les auteurs mettent en garde contre toute comparaison directe. La validation et l’évaluation de l’incertitude présentaient également des incohérences. Dans les études modélisant des interventions, 70 % présentaient un risque incertain ou élevé en matière d’analyse d’incertitude.
La conclusion pratique n’est donc pas qu’un seul modèle ou un seul facteur explique la PPA. La gestion des carcasses, la surveillance, les déplacements et la densité des sangliers, ainsi qu’une biosécurité rigoureuse dans les exploitations doivent être combinés et adaptés aux conditions écologiques locales.
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