Une nouvelle étude de modélisation soutenue par l’EFSA suggère que la densité des sangliers joue un rôle plus important dans la propagation géographique de la peste porcine africaine (PPA) que dans la présence ou la persistance du virus une fois celui-ci établi. Les conditions environnementales et épidémiologiques locales pourraient prendre davantage d’importance après l’introduction du virus.
Les chercheurs ont analysé la présence de la PPA chez les sangliers en Estonie, en Allemagne, en Hongrie, en Italie, en Lettonie, en Lituanie et en Slovaquie, en utilisant des mailles de 10 × 10 km. Ils ont modélisé à la fois la présence de la PPA, sur la base de la proportion de carcasses de sangliers testées positives, et la persistance, mesurée par la proportion de mois positifs sur des périodes de deux et cinq ans.
La densité à elle seule n’explique pas où la PPA persiste
L’analyse n’a mis en évidence que très peu d’éléments indiquant que les estimations disponibles de la densité des sangliers étaient associées à la présence ou à la persistance de la PPA dans les sept pays.
En revanche, plusieurs variables environnementales ont été associées aux schémas d’infection, bien que leurs effets diffèrent d’un pays à l’autre. Il s’agit notamment de la température annuelle, des précipitations, du couvert forestier, de la fragmentation forestière et de l’indice d’empreinte humaine.
Cela signifie qu’une fois que la PPA s’est implantée, l’écologie locale peut influencer la transmission davantage que de simples estimations du nombre de sangliers présents.
L’Italie met en évidence un rôle différent de la densité
Les chercheurs ont ensuite utilisé un modèle mécanistique plus détaillé pour l’épidémie dans le nord de l’Italie, en suivant quatre vagues successives entre janvier 2022 et novembre 2025 avec une résolution spatiale de 2 × 2 km. Dans ce cas, le résultat était beaucoup plus clair. Les zones où la densité de sangliers était prévue plus élevée étaient plus susceptibles d’être infectées et de transmettre la PPA aux zones voisines. L’étude distingue donc deux processus épidémiologiques. Une forte densité de sangliers semble particulièrement importante pour l’expansion de la PPA vers des territoires jusque-là épargnés. Mais une fois le virus présent, sa persistance au sein d’une zone infectée peut dépendre d’une combinaison plus complexe de facteurs : habitat, climat, transmission par les carcasses et conditions épidémiologiques locales.
Implications pour la lutte contre la PPA
Ces résultats remettent en cause l’idée selon laquelle la réduction de la densité de sangliers suffirait à elle seule à expliquer ou à contrôler la persistance de la PPA. La gestion des populations peut rester particulièrement pertinente sur le front épidémique, où la réduction de la densité des hôtes pourrait diminuer la probabilité et la vitesse de propagation géographique. Mais dans les zones d’infection établies, les stratégies de lutte doivent également prendre en compte la structure de l’habitat, la détection et l’enlèvement des carcasses, le climat, l’activité humaine et l’intensité de la surveillance.
Les auteurs soulignent également que les estimations disponibles de la densité des sangliers restent imparfaites, ce qui peut affaiblir les associations statistiques à l’échelle continentale.
L’étude plaide donc en faveur d’une approche plus ciblée sur le plan spatial pour la gestion de la PPA : la densité des sangliers a son importance, mais celle-ci varie selon que l’objectif est d’empêcher l’expansion ou d’éliminer une infection persistante.
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