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Exportation d’animaux vivants : la FVE prend de nouveau position contre le transport longue distance
V
Vetitude
06/10/2016
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Chaque année, plus de 3 millions d’animaux sont exportés de l’Union européenne vers des pays tiers. Avec plus de 80 000 bovins l’an passé, la France est notamment le premier exportateur européen vers la Turquie. Or au terme d’un très long voyage, les animaux qui arrivent enfin à la frontière bulgaro-turque* restent souvent bloqués dans les camions pendant des jours, avant d’être finalement abattus. À destination du Moyen-Orient, les bovins européens peuvent passer jusqu’à sept jours en mer dans des conditions déplorables. Opposée de longue date au transport international d’animaux vivants, la Fédération des vétérinaires d’Europe (FVE) tire de nouveau la sonnette d’alarme. Face à la violation inacceptable des normes de bien-être animal, elle appelle à mettre fin de toute urgence à la souffrance des animaux, et prend position contre ces longs périples.
La FVE, préoccupée par la gravité des infractions à la protection animale constatées dans le cadre du transport de bétail, se mobilise de nouveau et demande, à terme, la fin des voyages sur de longues distances, et en particulier des exportations hors de l’Union européenne. Elle souligne l’urgence de mettre en œuvre réellement et de respecter les normes en vigueur pour assurer le bien-être des animaux pendant le transport. Malgré des avancées ces dernières années, de graves manquements à la réglementation européenne continuent d’être observés, notamment lors des exportations d’animaux destinés à l’abattage.
Les bovins à destination des pays tiers comme la Turquie en sont un bon exemple. À la frontière bulgaro-turque, l’attente peut être très longue. Les animaux, qui pour la plupart ont déjà voyagé sur des milliers de kilomètres, restent bloqués dans les véhicules pendant plusieurs jours, sans espace de repos, piétinant leurs excréments. Les systèmes d’abreuvement sont souvent inadaptés ou souillés et les températures élevées de jour comme de nuit aggravent encore la situation. Le manque de soins, d’eau et de nourriture conduisent les animaux à l’épuisement, voire à la mort pour certains. Pour les vétérinaires européens, ce calvaire ne peut pas continuer et il est nécessaire d’agir de toute urgence.
« Les animaux doivent être élevés aussi près que possible de leur lieu de naissance et abattus aussi près que possible du lieu de production. »La FVE en appelle ainsi à la bonne volonté et au pragmatisme de tous les acteurs impliqués dans le transport des animaux vivants.
Les transporteurs sont invités à bien préparer leur voyage, en conformité avec les exigences du règlement européen CE 1/2005. Entreprendre de transporter des animaux sur de longues distances en prenant délibérément le risque, dès le départ, d’ignorer leur inaptitude à voyager, n’est pas acceptable.
- Les autorités compétentes des pays exportateurs sont priées d’assumer la responsabilité de l’application uniforme et rigoureuse du règlement européen, afin de mettre en œuvre des normes sanitaires et de bien-être animal acceptables pendant le transport. Les autorités des postes frontaliers sont invitées à prendre des mesures concrètes pour réduire, autant que possible, le temps nécessaire au passage de la douane à la frontière, et à prévoir des installations adaptées pour le déchargement et les soins aux animaux en cas de besoin.
- Les organisateurs de voyages et les compagnies de transport d’animaux sont incités à développer un système pour coordonner l’arrivée des camions au passage des frontières, par exemple en mettant en place un dispositif d’enregistrement et/ou de réservation en ligne.
- Tous les acteurs impliqués sont priés de limiter autant que possible les transports sur de longues distances du bétail, en particulier face à de sérieux problèmes de circulation, des températures très élevées ou d’autres circonstances incompatibles avec les exigences de protection animale.
- Toutes les parties concernées sont invitées à prendre leur part de responsabilités dans la protection du bien-être animal et de faire de leur mieux pour prévenir la réapparition de dyfonctionnements récurrents.
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