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Sécurité sanitaire des aliments
Journée mondiale de la santé : la sécurité sanitaire des aliments à l’honneur… les services vétérinaires aussi !
B
bertrand-neveux
07/04/2015
5 min de lecture
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L’édition 2015 de la journée mondiale de la santé est dédiée à la sécurité sanitaire des aliments. Son inauguration a eu lieu aujourd’hui en France, au marché international de Rungis, en présence de tous les acteurs français et mondiaux concernés par l’approche “One Health”.
Margaret Chan, la directrice de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a ainsi inauguré cette journée en présence de Bernard Vallat, son homologue en santé animale (OIE), le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, les directeurs généraux de la Santé et de l’Anses, Benoit Vallet et Marc Mortureux, sans compter Berthe Tekola, le directeur de la division santé et productions animales de la FAO. Il faut dire que l’enjeu est de taille : plus de 200 maladies surviennent via des bactéries ou des virus, voire des substances chimiques, hôtes de nos aliments. À elles seules, les affections diarrhéiques d’origine alimentaire ou à transmission hydrique tuent deux millions de personnes dans le monde chaque année. Le développement du tourisme n’épargne personne, même pas ceux qui sont originaires de pays sécurisés.
Et pourtant, comme l’a rappelé Bernard Vallat, « quelque 120 pays n’ont toujours pas de législation répondant aux normes internationales », que ce soit celles éditées par l’OIE, ou celles du Codex alimentarius de la FAO et de l’OMS. « Les pays qui ne possèdent pas de services vétérinaires pour le contrôle de la qualité des aliments font courir de gros risques à leurs populations comme à celles en transit comme les touristes. » La FAO regrette d’ailleurs que la sécurité sanitaire des aliments ne soit pas une priorité partout dans le monde, alors que les moyens de vulgarisation, les systèmes de vigilance et les outils techniques existent, les trois principales institutions (OIE, FAO et OMS) couvrant l’ensemble des aspects. En outre, la démographie mondiale représente un défi majeur car face à cette population en croissance constante, les ressources ne sont pas infinies.
Du côté de l’Anses, Marc Mortureux a souligné qu’un tiers des cas d’infection alimentaire sont dus à de mauvaises pratiques au domicile des consommateurs. « Nous travaillons au niveau mondial pour favoriser le transfert des compétences via les réseaux mondiaux. » En outre, l’Anses utilise ses supports de communication pour sensibiliser les consommateurs aux actions parfois basiques, mais peu respectées, du lavage des mains au respect de la chaîne du froid, en passant par le respect des dates limites, etc.
Mais le modèle français doit également progresser. Stéphane Le Foll souhaite un renforcement de la lutte contre les mauvaises pratiques d’utilisation des antibiotiques (qui passent selon lui par une baisse de leur consommation), une meilleure prise en compte des échanges internationaux et du niveau sanitaire des pays exportateurs. Et s’il est d’usage de dire qu’un aliment sain nécessite un animal sain, comme l’a rappelé Bernard Vallet, « la sécurité sanitaire des animaux est aussi liée à celle des végétaux, les risques liés à l’antibiorésistance ne doivent pas faire oublier ceux d’origine chimique et l’enjeu phytosanitaire doit être traité également. Le développement d’un réseau européen est souhaitable et l’OMS Europe a un rôle à y jouer ».
Ainsi, pour maintenir, voire renforcer la sécurité sanitaire des aliments, Stéphane Le Foll conclut par la nécessité de renforcer la traçabilité, développer la prévention et les contrôles. Biodiversité, une autre agriculture, un autre modèle économique sont les mamelles de la nouvelle force agricole française. Aurait-il reçu cinq sur cinq le message des représentants des organisations internationales présentes, qui ont insisté sur la responsabilité des politiques dans le monde, puisque les outils existent ? La balle est bel et bien dans leur camp.
Guide de sensibilisation de l’OMS : cliquez ici
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