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V
Vetitude
13/07/2017
6 min de lecture
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L’université d’été de la e-santé humaine s’est tenue à Castres, du 4 ou 6 juillet, sur le site de l’école d’ingénieurs Informatique et systèmes d’information pour la santé (Isis), créée en 2006. Ce 11e rendez-vous a rassemblé des professionnels de santé, des industriels, des chercheurs, etc., venus débattre des usages des nouvelles technologies dans le domaine de la santé et du bien-être. Pour la seconde année consécutive, un atelier thématique était dédié à la e-santé animale. Cette seconde édition confirme non seulement l’intérêt de l’innovation numérique en santé animale, mais aussi son fort potentiel pour la profession vétérinaire. Si ce virage technique lui échappe encore, 2017 pourrait être l’année de la maturité.
Certains signes ne trompent pas. Lors du premier atelier consacré à la e-santé animale en 2016, rares étaient les vétérinaires présents. Seuls quelques locaux et le Syndicat de l’industrie du médicament et réactif vétérinaires (SIMV) avaient fait le déplacement pour découvrir les nouvelles solutions numériques au service des praticiens et des animaux.
Depuis cette première édition, le numérique a investi les cabinets vétérinaires (Vet Tech) et l’Internet of things (IoT) s’est adapté pour devenir l’Internet of Animals (IoA). La session 2017 a confirmé le succès de ce rendez-vous : l’école vétérinaire de Toulouse, plusieurs entreprises vétérinaires, des praticiens et des industriels sont venus échanger toute une journée autour des avancées et des enjeux des nouvelles technologies en santé animale. Et ils ne manquent pas, comme l’ont rappelé le SIMV et l’Ordre des vétérinaires.
Vetfuturs, une initiative britannique qui vise à dessiner les contours de la profession vétérinaire et à se projeter dans les prochaines décennies, a été reprise par l’Ordre des vétérinaires et le SNVEL. Il était temps ! Car comme l’a martelé Denis Avignon, vice-président de l’Ordre, « le vétérinaire sera nécessairement de plus en plus entrepreneur dans sa manière de manager la santé animale. L’environnement dans lequel il travaille est un écosystème particulièrement mouvant ». Vetfuturs consiste donc à donner la parole aux vétérinaires pour que cette consultation aboutisse à une vision la plus proche possible des attentes de la société et des détenteurs d’animaux, professionnels ou particuliers. L’équilibre est délicat : ne pas recueillir l’avis des clients rendrait l’exercice inefficace, tout comme tenir compte davantage de la parole des jeunes ou des futurs vétérinaires par rapport aux plus anciens.
En outre, il y a urgence : la feuille de route prenant en compte les enjeux sociétaux doit être définie d’ici à novembre prochain. Aujourd’hui déjà, la bataille qui fait rage autour des données et de l’information montre que le Web n’est plus un simple moyen de communication, comme certains continuent de le croire. C’est l’un des défis stratégiques auxquels est confrontée la profession vétérinaire. Internet révolutionne notamment le savoir : les praticiens vont devoir se réapproprier leur formation, aujourd’hui déléguée à des sociétés savantes. La maîtrise de la blockchain (base de données distribuée transparente, sécurisée, sans contrôle centralisé) devrait rendre cette liberté individuelle au vétérinaire, mais encore faut-il qu’il sache la manager.
« L’Ordre est inquiet quant aux inégalités que les technologies pourraient engendrer au sein de la profession. Vetfuturs doit écrire une nouvelle profession dans un environnement que personne ne connaît. Le bigdata et la blockchain sont des terrains vierges en médecine vétérinaire. Tout est à construire. » Il est en effet admis que les outils utilisés par une entreprise et les métiers nécessaires à ses prestations, dans cinq ans, n’existent pas encore. Le temps s’emballe ! La profession vétérinaire en manque, d’autant qu’il est nécessaire d’anticiper, d’ouvrir la voie plutôt que d’attendre et de suivre. Les risques existent, mais les opportunités à saisir aussi.
Une erreur stratégique de taille serait alors de laisser croire aux vétérinaires que les avancées numériques et digitales se cantonnent à des domaines comme la communication, le marketing, voire la formation. À moins que les prophètes en la matière poursuivent des intérêts plus personnels. À suivre…
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