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Apiculture : le Plan de développement durable national est prolongé de deux ans
V
Vetitude
19/01/2016
6 min de lecture
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Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a décidé hier de réorienter et de prolonger jusqu’en 2017 le Plan de développement durable de l’apiculture, initialement lancé en 2013 pour trois ans. D’ores et déjà, sur les 115 actions prévues au départ, 77 sont finalisées (soit 67 %). Il en reste donc 30 à mener à bien, car 8 ont finalement été abandonnées, notamment pour des raisons réglementaires. Au total, si plus de 90 % des actions envisagées ont été engagées, il reste à se recentrer sur les moins abouties.
Articulé autour de 17 axes* et décliné en 115 actions, le Plan de développement durable de l’apiculture tente de répondre, depuis trois ans, aux principales problématiques apicoles en France (santé des colonies, augmentation du cheptel, organisation du secteur, développement de la production, etc.). Au-delà des aspects économiques, son approche globale des enjeux de la filière française vise à lui fournir les outils nécessaires à son essor. Ainsi, l’ensemble des axes relatifs à l’environnement de la production apicole (santé, prédateurs, pollutions, reconquête de la biodiversité, accompagnement de l’organisation) ont été mis en œuvre, selon le ministère. Ceux qui concernent la formation et l’évolution des métiers de l’apiculture suivent de près. Pour les six axes les moins avancés, les outils sont disponibles, reste à mobiliser les acteurs pour assurer le développement de la filière. Parmi ces outils, un guide des bonnes pratiques apicoles nécessaires à la gestion d’un cheptel apiaire et d’une miellerie a été publié fin 2014 par l’Institut technique et scientifique de l’apiculture et de la pollinisation (Institut de l’abeille). Né d’un travail concerté entre les structures apicoles, sanitaires, vétérinaires, de la recherche et de l’administration, ce guide est destiné à tous les apiculteurs, expérimentés, en cours d’installation ou en formation.
Initialement, l’ambition du Plan de développement durable de l’apiculture était de faire de la France l’un des grands pays apicoles de l’Union européenne, alors que l’Hexagone importe 25 200 tonnes de miel sur les 40 000 tonnes consommées chaque année (500 g par personne et par an). Ses 800 000 ruches ne produisent en effet que 14 800 tonnes de miel par an. Ce plan visait également à développer le cheptel français, dans un contexte de fragilité généralisée des colonies d’abeilles. Aujourd’hui, recentré sur les axes les moins aboutis, l’objectif du plan rénové est de permettre à la filière apicole, au fort potentiel de développement, de se structurer autour d’une interprofession et de continuer à croître avec une véritable stratégie, afin de répondre à la demande des consommateurs français, tant en termes de volumes produits que d’origine et de qualité.
Ainsi, le plan actualisé s’articulera désormais autour de quatre axes :
- la recherche (notamment via la diffusion et la valorisation auprès des apiculteurs et des instituts techniques des résultats des travaux menés sur l’apiculture durable) ;
- la limitation de l’exposition des abeilles aux facteurs de risque influençant la santé des colonies (par exemple via la prise en compte de la diversité des expositions chimiques, autres que celles aux produits phytopharmaceutiques, notamment d’usage vétérinaire, ou encore via le classement du frelon asiatique en danger sanitaire de catégorie 1) ;
- l’organisation et l’accompagnement de la filière apicole (par exemple en encourageant des démarches collectives via la création de groupements d’intérêt économique et environnemental, ou encore la signature d’un pacte “miel de France”) ;
- la formation aux métiers de l’apiculture (entre autres par la mise en œuvre d’un certificat de compétences, certi api, pour professionnaliser le métier d’apiculteur).
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