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Abeilles et bourdons : la surveillance du parasite Aethina tumida est renforcée en France
V
Vetitude
08/05/2015
4 min de lecture
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Le protocole de surveillance de l’infestation des colonies d’abeilles et de bourdons par le petit coléoptère de la ruche (Aethina tumida) vient d’être révisé par la Direction générale de l’alimentation (DGAL)*. Le but est de détecter tout foyer précocement afin de l’éradiquer et de préciser l’ampleur de l’infestation. Ces mesures de vigilance nationale impliquent l’ensemble des acteurs, dont les vétérinaires.
Les élevages concernés par le dispositif sont ceux d’abeilles Apis mellifera et ceux de bourdons Bombus spp., utilisés pour la pollinisation de certaines productions végétales, et susceptibles de faire l’objet d’échanges dans le cadre du commerce international.
Dans l’Hexagone, le petit coléoptère de la ruche (Aethina tumida) est classé parmi les dangers sanitaires de première catégorie** en raison de son impact sur la santé des colonies d’abeilles et sur l’économie de la filière apicole. Encore indemne, la France est toutefois particulièrement exposée du fait de la contamination de l’Italie (Calabre et Sicile) depuis septembre 2014. Le renforcement des mesures de surveillance se justifie par la proximité de la zone à risque, mais aussi par l’importance des échanges européens de reines et d’essaims d’abeilles en provenance d’Italie.
L’identification des circuits commerciaux d’apidés a été confiée à la Brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP), qui conduira des contrôles auprès des grossistes et des distributeurs afin d’identifier d’éventuelles introductions non conformes à la réglementation.
Les mouvements d’abeilles et de colonies de bourdons, de même que l’importation de cire, de matériel apicole usagé et de produits de la ruche, sont autant de risques majeurs d’introduction du parasite en France. En outre, il peut aussi venir de pays tiers infestés, accidentellement ou à la suite d’importations légales ou illégales d’apidés. Le danger est permanent, et se niche même dans la terre des plantes en pots ou dans les fruits qui peuvent également contenir des larves du coléoptère.
Les adultes Aethina tumida sont capables de voler sur une dizaine de kilomètres pour infester de nouvelles colonies et de survivre jusqu’à 50 jours dans les des rayons usagés des cadres d’une ruche, voire plusieurs mois en présence de fruits murs ou pourris. Leurs larves migrent sur plus d’une centaine de mètres avant de s’enfouir et persistent dans le sol jusqu’à 12 semaines. En outre, la présence d’essaims sauvages du genre Apis ou Bombus rend l’infestation difficilement maîtrisable dans un territoire contaminé.
Les suspicions sont à signaler par l’apiculteur ou le vétérinaire à la DDPP. Le préfet prendra alors un arrêté de mise sous surveillance (APMS) du rucher.
Si un foyer d’Aethina tumida est confirmé dans un ou plusieurs ruchers, le préfet prendra un arrêté portant déclaration d’infection (APDI). Une zone réglementée sera alors définie autour du foyer, qui correspond à la zone de confinement du ou des ruchers infestés, à la zone de protection (5 km autour du foyer) et à la zone de surveillance (10 km autour de la zone de protection).
Une nouvelle instruction viendra bientôt détailler les mesures de police sanitaire à mettre en œuvre en cas de confirmation d’un foyer.
Gestionnaire du dispositif, la DGAL en assure la réglementation, la publication des instructions, la planification du budget, l’attribution des ressources humaines et financières, l’organisation des systèmes d’information, l’offre de formation pour les vétérinaires sanitaires mandatés et les agents des services centraux ou déconcentrés.
Les Groupements techniques vétérinaires sont chargés d’informer leurs adhérents sur le risque d’infestation par le petit coléoptère de la ruche et de proposer des formations pour la réalisation des prélèvements.
Les données collectées via ce protocole de surveillance seront analysées par la plate-forme d’épidémiosurveillance en santé animale (ESA), qui assurera ensuite un retour d’information vers les différents acteurs.
* Note de service DGAL/SDSPA/2015-406 du 28/4/2015, http://www.plateforme-esa.fr/images/documents/abeilles/note_surveillance_2015-406_final.pdf
** Arrêté du 29/7/2013 relatif à la définition des dangers sanitaires de première et deuxième catégories pour les espèces animales.
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