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Au fur et à mesure que les températures augmentent en Europe, les moustiques porteurs de maladies s’implantent et avec elles de nouvelles pathologies. La fièvre du West-Nil en est une. Cette zoonose s’impose maintenant durablement en Europe et progresse de manière soutenue vers le Nord.
La fièvre de West-Nile (FWN) est une maladie virale qui affecte certains oiseaux et mammifères, dont les chevaux et l’homme. C’est un arbovirus de la famille des Flaviviridae, également connu sous le nom d’encéphalite West-Nile ou méningoencéphalite West-Nile, qui passe la plupart du temps inaperçu, mais dans de rares cas provoque des séquelles nerveuses durables ou la mort.
Le virus circule habituellement dans des populations d’oiseaux réservoirs grâce à des moustiques vecteurs. Mais accidentellement il arrive que des moustiques infectés transmettent le virus à l’humain ou le cheval.
On parle d’hôtes accidentels puisque ce sont des culs de sac épidémiologiques pour le virus. Il ne semble pas pouvoir se multiplier suffisamment dans le sang pour rendre l’individu infectieux et contaminer un nouveau moustique qui viendrait à le piquer.
En revanche, cela ne les empêche pas d’en manifester les symptômes. Et si 80 % des personnes infectées restent asymptomatiques, le virus de la FWN peut être à l’origine d’une maladie neurologique parfois fatal chez l’humain et le cheval. Selon les Centers for Disease Control (CDC) aux États-Unis, environ une sur 150 infections humaines développent des symptômes graves qui s'avèrent parfois mortels. À ce jour, il n’existe toujours pas de traitement antiviral spécifique contre la FWN.
Cependant, il devient clair que l’épidémie s’installe de plus en plus au Nord de l’Europe jusqu’en Allemagne.
Or, la hausse des températures prédite pourrait modifier le comportement de certains moustiques de la famille Aedes, et déplacer ces zones de reproduction, en particulier le fameux « moustique tigre », vecteur reconnu de maladies. En France, le moustique tigre est désormais implanté dans plus de 50 départements, alors que cela fait tout juste seize ans qu'il est arrivé en métropole.
En effet, plus il fait chaud, plus son cycle de développement, de l’œuf à l’adulte, se raccourcit. Entre 20 et 25°C, il dure entre 6 et 10 jours mais à 28°C, il n’est plus que de 6 jours. Plus la température augmente, plus le moustique devient adulte rapidement.
En conséquence, de nouveaux modèles prédisent que le virus se propage désormais plus facilement dans les régions plus fraîches à mesure que les températures estivales moyennes augmentent. La température optimale de transmission de la FWN serait entre 23 et 26°c.
La hausse des températures signifiera probablement aussi que la transmission saisonnière du virus commencera plus tôt au printemps et se terminera plus tard à l'automne.
Outre la température, de nombreux facteurs peuvent aussi contribuer aux taux de transmission des virus transmis par les moustiques, y compris l'utilisation des terres, les mesures de contrôle et l'évolution des virus et de leurs insectes vecteurs. Mais dans le scénario extrême d’une augmentation des températures de 4°C d’ici 2080, ces insectes pourraient menacer près d'un milliard d'individus supplémentaires d'ici à la fin du siècle.
West-Nile : une zoonose sous surveillance
De par sa transmissibilité et sa potentielle gravité, chez le cheval, comme chez l’humain, la FWN est une zoonose à risque qui a des conséquences sanitaires et économiques importantes. Le virus fait partie des dangers sanitaires de catégorie 1 mentionnés dans l’article L.201-1 du code rural et de la pêche maritime qui regroupent les : « dangers sanitaires susceptibles de porter une atteinte à la santé publique, ou à mettre gravement en cause les capacités de production nationales ou la salubrité de l’environnement. Ces dangers requièrent des mesures de prévention, de surveillance ou de lutte définies et imposées, dans un but d’intérêt général, par l’État. » En cas de suspicion, les autorités sanitaires doivent donc être alertées. L’épidémiologie du virus West Nile est évolutive et peu prévisible. Elle est influencée par de nombreux facteurs notamment environnementaux. La prévention est donc de mise grâce à une politique de vaccination, de protection contre les moustiques et une surveillance de la pathologie.Les équidés infectés révèlent d’ailleurs souvent la présence du virus sur le territoire, sans transmettre la maladie et mettre en danger l’humain, et permettent sa surveillance plus facilement que chez les oiseaux.Ce sont des sentinelles idéales d’autant plus qu’ils peuvent être protégés par des vaccins spécifiques et des mesures de protection contre les moustiques.
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