Retour aux articles
Bien-être animal
Bien-être des animaux
Cour de justice européenne
Eurogroup for Animals
Transport d’animaux vivants
Transport d’animaux vivants : leur bien-être doit être assuré jusqu’au bout du voyage
V
Vetitude
28/04/2015
4 min de lecture
0 commentaire
Partager :
Un arrêt de la Cour de justice européenne* stipule que les règles de protection des animaux transportés, fixées par l’Union, doivent s’appliquer tout au long du trajet, donc même au-delà des frontières du territoire européen, jusqu’à la destination finale.
Cette décision représente une avancée majeure pour le bien-être des 3,4 millions d’animaux vivants qui sont exportés hors de l’Union européenne chaque année.
La décision de la Cour stipule notamment que les exigences prévues par la législation communautaire, comme les pauses pour l’abreuvement et l’alimentation des animaux, les temps de parcours et les périodes de repos, sont à mettre en pratique pendant toute la durée du voyage. En outre, le carnet de route du transporteur doit montrer que le respect de ces dispositions sera effectif à toutes les étapes, jusqu’au pays tiers de destination.
La Cour répond par cet arrêt à la question d’un tribunal de Bavière qui voulait savoir si, dans le cas d’un voyage de longue durée qui commence sur le territoire de l’Union européenne, mais se termine en dehors, le règlement n° 1/2005 s’applique également à la partie du trajet qui se déroule sur le territoire d’un ou de plusieurs pays tiers.
Le tribunal allemand était saisi d’un litige opposant un transporteur de bovins aux autorités de Kempten, au sud de l’Allemagne, point de départ du voyage. Or sur la base des données de planification de ce voyage, Kempten refusait le dédouanement d’un lot de 62 bovins.
L’Eurogroup for Animals se félicite de cette décision de justice, mais va plus loin. Il prône l’arrêt total des transports longue distance et des exportations d’animaux vivants pour passer à des échanges de carcasses. Une façon de mettre un terme à la souffrance animale générée par ces interminables voyages.
Au final, certains transports au long cours ne peuvent tout simplement pas être effectués, en raison de l’impossibilité pour le transporteur de respecter les normes applicables.
* Arrêt de la Cour de justice (5e chambre) du 23/4/2015
** Règlement (CE) n° 1/2005 du Conseil du 22/12/2004, relatif à la protection des animaux pendant le transport et les opérations annexes, modifiant les directives 64/432/CEE et 93/119/CE et le règlement (CE) n° 1255/97.
En effet, les règles qui régissent le transport d’animaux vivants, fixées dans le règlement CE n° 1/2005**, ne s’éteignent donc pas à la sortie du territoire européen.
Les animaux devaient être transportés par la route d’Allemagne jusqu’en… Ouzbékistan, via la Pologne, la Biélorussie (premier repos de 24 heures), la Russie et le Kazakhstan (second repos de 24 heures), soit un trajet de quelque 7 000 km, et plus de cinq jours de transport en dehors de l’Union.L’organisateur du voyage, qui avait introduit un recours contre ce refus, n’a donc pas obtenu gain de cause. En vertu de la décision de la Cour de justice, les autorités compétentes du lieu de départ peuvent désormais exiger que ces dispositions de protection animale soient incluses dans le carnet de route de transport d’animaux vivants qui quittent le sol européen. Si la planification de l’ensemble du voyage, y compris les étapes sur le territoire de pays tiers, ne satisfait pas à ces exigences, les autorités sont habilitées à imposer des modifications.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Se connecter pour commenter