Retour aux articles
Bien-être animal
Animal
Animaux de laboratoire
Bien-être animal
Canin
Chien
Chiens de laboratoire
Expérimentation animale
Industrie pharmaceutique
Interpharma
Laparotomie
Modèle canin
Médicament vétérinaire
Poisson zèbre
Protection des animaux
Staphylocoque doré
Vétérinaire
Expérimentation animale : l’industrie pharmaceutique suisse publie son 5e rapport sur le bien-être animal
V
Vetitude
20/10/2015
6 min de lecture
0 commentaire
Partager :
Regroupées au sein de l’association Interpharma, les entreprises pharmaceutiques suisses pratiquant la recherche ont publié leur rapport 2015* sur le bien-être animal. Ce rapport annuel est le cinquième depuis la signature par les sociétés adhérentes de la Charte pour la protection des animaux, en 2010. Déclinée en 10 articles, cette charte éthique les engage notamment à publier les progrès réalisés tous les ans. Ainsi, le bilan de cette année rend compte des activités et des projets déployés par les signataires pour assurer « un comportement responsable vis-à-vis des animaux dans la recherche ».
Dans le cadre du développement et du contrôle des nouveaux médicaments, les essais sur les animaux sont une étape souvent rendue obligatoire par les directives internationales** qui visent à évaluer les risques pour l’homme et l’animal. Au cours du processus qui mène à la mise sur le marché d’un candidat-médicament, l’expérimentation animale est la toute dernière phase d’une longue série d’expériences. Seuls les candidats qui obtiennent des résultats probants sont alors testés sur l’animal, comme la loi le prescrit, afin de vérifier leur qualité, leur efficacité et leur sécurité.
Désireuses d’assumer leurs responsabilités éthiques au-delà des exigences légales, les entreprises signataires de la charte se sont engagées à œuvrer pour la protection des animaux de laboratoire, en améliorant les conditions de réalisation des tests pratiqués, en remplaçant autant que possible l’expérimentation animale par d’autres procédés, en réduisant le nombre d’animaux au strict nécessaire et en limitant les contraintes auxquelles ils sont soumis.
Au bilan de l’année 2015, plusieurs programmes encouragent la réalisation de ces objectifs partagés.
> Méthodes alternatives : l’un des projets soutenus par des entreprises membres d’Interpharma s’est penché sur la mise en évidence et l’étude de toxicités rénales dans des modèles cellulaires, concentrés sur la réplication de l’architecture du tubule rénal. Des effets toxiques pourraient ainsi être identifiés à un stade précoce du développement des médicaments.
> Innovative Medicines Initiative (IMI) : dans le cadre du plus important partenariat public-privé au monde dans le domaine des sciences de la vie, doté d’un budget de 3 276 milliards d’euros, le projet eTox a pour but de développer des stratégies méthodologiques innovantes et de nouveaux logiciels afin d’améliorer les prédictions de toxicité des candidats-médicaments. Ainsi, les études sur l’animal ne seront conduites que pour des substances optimisées, réduisant le nombre d’animaux nécessaires pour les essais précliniques. De son côté, le projet StemBANCC vise à générer et à caractériser 1 500 lignées de cellules souches pluripotentes humaines induites. Ces cellules iPS serviront à élaborer in vitro des modèles de maladies humaines (maladies d’Alzheimer et de Parkinson, neuropathie, diabète, migraine, troubles bipolaires, etc.) afin d’accélérer le développement de médicaments. En outre, il est possible de générer des cellules hépatiques, cardiaques, nerveuses et rénales pour effectuer des tests toxicologiques.
> Nouveau modèle canin pour le prélèvement non invasif de bile servant à l’identification des métabolites. Utilisant un dispositif pour le prélèvement de substances des voies gastro-intestinales supérieures chez l’homme, ce modèle a permis de remplacer la laparotomie pratiquée chez le chien par un processus non invasif, indolore et sans convalescence.
> Modèles de peau humaine pour la recherche sur les vaccins : les équivalents cutanés humains et les explants peuvent avantageusement remplacer les modèles animaux. Ils ont été utilisés avec succès pour l’étude d’interactions hôte-agent pathogène sur le staphylocoque doré.
> Méthode permettant de mesurer la croissance tumorale à l’aide de substances luminescentes et de l’imagerie en 3D : grâce à l’histologie en fluorescence en trois dimensions, il devient possible de décrire en détail l’effet de nouvelles substances actives sur l’approvisionnement des vaisseaux sanguins tumoraux. Ces processus d’imagerie in vivo et ex vivo réduisent le nombre d’animaux d’expérience et les essais à répétition, tout en générant des résultats plus précis.
> Méthode in vitro utilisant des embryons de poisson zèbre pour tester l’effet des substances sur le développement : cette solution alternative, qui reste à valider, remplit pour la première fois tous les critères essentiels pour le test de toxicité développementale. Plus perfectionné que ceux sur les tissus hépatiques de rat, ce test permet de couvrir l’ensemble du développement embryonnaire, de l’œuf fécondé à l’embryon développé. En outre, il tient compte de la toxicité potentielle de produits de la dégradation sans avoir besoin de recourir à des tissus de mammifères.
> Lancement d’un programme d’adoption de chiens de laboratoire par des particuliers.
Au final, toutes ces technologies et méthodes de pointe partagent le même objectif : l’amélioration de la qualité de vie de l’homme et de l’animal.
* http://www.recherche-animale.org/sites/default/files/animal_welfare_report_2015_fr.pdf
** Directives de l’International Conference on Harmonisation of Technical Requirements for Registration of Pharmaceuticals for Human Use, qui s’appliquent aussi bien en Suisse qu’en Europe, aux États-Unis et au Japon.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Se connecter pour commenter