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Abattoir et bien-être animal : une proposition de loi et un rapport d’enquête prévus pour la rentrée
V
Vetitude
18/08/2016
6 min de lecture
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Une proposition de loi*, déposée le 20 juillet par 74 députés dont les Dr Vet. Geneviève Gaillard et Jacques Lamblin, vise à prévenir et réduire le plus possible la souffrance des animaux d’élevage lors des procédures d’abattage. Les principales préconisations vont dans le bon sens : il s’agit de rendre obligatoire la vidéosurveillance en abattoir, d’imposer l’étourdissement avant la saignée et jusqu’à la mort de l’animal, et de renforcer les compétences des opérateurs pour mieux lutter contre toute souffrance animale évitable. En parallèle, la commission d’enquête parlementaire, qui a terminé ses auditions début juillet, devrait rendre sa copie en septembre prochain.
Chaque année, 38 millions d’animaux de boucherie sont abattus en France, ainsi que plus de 900 millions de volailles. Or vis-à-vis de tous ces animaux abattus pour ses besoins alimentaires, la société française entend désormais que leur mise à mort soit la plus digne possible. Ainsi, au-delà des scandales et des images choquantes, les attentes et les revendications sociétales sont de plus en plus fortes en matière de respect du bien-être animal dans les abattoirs, qui ne doivent plus être des lieux de maltraitance et de souffrance. Ce respect, tant au niveau de l’élevage que de l’abattage, est un critère qui intervient même dans les choix de consommation, comme la qualité et la traçabilité des produits.
D’autant qu’aujourd’hui, les avis scientifiques sont unanimes : au moment de l’abattage, les animaux ressentent douleur, détresse et peur, et sont nombreux à être capables d’anticipation. La jugulation et la saignée, notamment, constituent des atteintes à l’intégrité des tissus du cou et des stimuli nociceptifs majeurs : le ressenti de la douleur dépend alors du niveau de vigilance des animaux. Il faut donc les priver au préalable de conscience et ainsi de sensibilité, afin qu’ils ne se réveillent pas avant l’exsanguination.
La profession vétérinaire, qui veille notamment à la bientraitance des animaux de rente, a apporté son expertise scientifique et technique sur ces questions, comme le soulignent les députés à l’origine du texte. De leur côté, les éleveurs accompagnent l’évolution sociétale, jusqu’à, pour certains, souhaiter un retour à l’abattage à la ferme. Malheureusement, la proposition de loi n’envisage pas cette perspective, rejetée d’emblée pour des raisons sanitaires. Cette option permettrait pourtant d’éviter le stress lié au transport et au temps d’attente à l’abattoir.
En termes de bien-être animal, l’évolution de la législation confirme déjà les changements sociétaux intervenus, en prenant en compte plusieurs avis sur la sensibilité animale. Mais en France, constatent les députés, les conditions d’abattage des animaux restent très insatisfaisantes. La maltraitance au sein des abattoirs, dénoncée par les associations de protection animale, serait la conséquence d’une mauvaise application des textes en vigueur, mais aussi d’une insuffisance du dispositif réglementaire actuel. Et il est urgent d’agir, « pour empêcher l’apparition, à l’aune des scandales, d’un amalgame entre consommation de viande et cruauté envers les animaux, voire entre élevage d’animaux et maltraitance inacceptable. L’avenir de l’élevage français et de la filière viande en dépendent ». Renforcer la protection des animaux dans le cadre de tout abattage constitue donc une priorité.
Pour concilier tous les intérêts en présence (ceux de l’animal, de l’éleveur, du consommateur, des cultes, de l’industrie de la viande), des solutions existent et peuvent être mises en œuvre. Dans ce cadre, l’exemple à suivre, pour les députés, est celui de la Malaisie, qui pratique l’étourdissement par électronarcose et utilise un pistolet mécanique non perforant. Ils proposent d’imposer, lors de tout abattage, un étourdissement préalable à la saignée, réversible ou non. Mais aussi de renforcer les contrôles, en particulier au poste d’abattage, en imposant des procédés de vidéosurveillance. Ils préconisent enfin d’imposer une formation professionnelle à tous les opérateurs en charge de l’abattage, qui devront être soumis à un suivi et une mise à jour réguliers de leurs connaissances.
Au final, l’objectif poursuivi est clairement défini dans l’article 1 de la proposition de loi : « Tout animal abattu dans un établissement d’abattage doit être rendu inconscient préalablement à la saignée ; cette perte de conscience doit être maintenue jusqu’à la mort de l’animal. » Espérons que ce texte sera mis à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale dès la rentrée prochaine, en parallèle de la sortie du rapport de la commission d’enquête parlementaire sur l’abattage (voir plus bas).
* Proposition de loi visant à éviter toute souffrance aux animaux lors de leur abattage, enregistrée à l’Assemblée nationale le 20 juillet 2016, http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/propositions/pion3983.pdf
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