Les maladies bactériennes zoonotiques ne peuvent être considérées simplement comme des cas isolés de transmission de l’animal à l’homme. Une nouvelle étude soutient que le véritable risque pour la santé publique réside dans l’exposition répétée par le biais du bétail, des aliments, de l’eau, du sol, des aérosols, des vecteurs et des environnements contaminés, la résistance aux antimicrobiens rendant ces réseaux de transmission de plus en plus difficiles à contrôler.
Cette étude examine les bactéries zoonotiques dans une perspective « One Health », en mettant l’accent sur la résistance aux antimicrobiens, les voies d’exposition et les priorités en matière de lutte. Les auteurs soulignent que les zoonoses bactériennes diffèrent de nombreuses menaces virales : le problème principal ne réside souvent pas dans un seul saut d’espèce suivi d’une transmission interhumaine, mais dans la persistance continue des bactéries au sein des populations animales et des environnements de production.
De multiples voies favorisent l’exposition humaine
Les humains peuvent être exposés à des bactéries zoonotiques par contact direct avec des animaux, par exposition professionnelle, par la consommation de viande ou de lait contaminés, ou encore par l’eau, le sol, les aérosols ou des vecteurs arthropodes. Cela signifie que les exploitations agricoles, les abattoirs, les environnements de transformation alimentaire et les systèmes de gestion des déchets animaux peuvent tous constituer des points d’exposition. La faune sauvage et les animaux de compagnie peuvent également jouer un rôle, en fonction de l’agent pathogène et de l’écologie locale.
Cette étude met donc l’accent sur l’ensemble du système de transmission, plutôt que de considérer l’infection uniquement comme un événement direct de l’animal à l’homme.
La résistance aux antimicrobiens (RAM) complique encore le problème
La résistance aux antimicrobiens ajoute un niveau de risque supplémentaire, car les bactéries résistantes et les gènes de résistance peuvent circuler entre les humains, les animaux et l’environnement. L’utilisation d’antimicrobiens en médecine humaine et vétérinaire crée une pression sélective, tandis que le lisier, les eaux usées et les environnements contaminés peuvent favoriser la persistance et la propagation des organismes résistants.
Il en résulte un problème relevant de l’approche « One Health », dans lequel la lutte contre les maladies nécessite davantage que le simple traitement des infections individuelles : la surveillance doit également porter sur les profils de résistance, les réservoirs et les voies d’exposition.
Les systèmes alimentaires restent au cœur du problème
Les animaux destinés à l’alimentation revêtent une importance particulière, car les agents pathogènes bactériens peuvent pénétrer à plusieurs reprises dans la population humaine par le biais de chaînes alimentaires contaminées. Contrairement à une épidémie causée par un virus émergent, les zoonoses bactériennes peuvent persister silencieusement au sein des populations animales, les infections humaines n’apparaissant que sporadiquement sur de longues périodes. Cela rend la prévention particulièrement importante au niveau des exploitations agricoles, lors de l’abattage et de la transformation, ainsi que tout au long de la distribution alimentaire.
La lutte nécessite une surveillance intégrée
Cette étude plaide en faveur d’une coordination renforcée entre les services de surveillance vétérinaire, de sécurité alimentaire, environnementale et de santé publique. Parmi les priorités figurent la réduction de l’utilisation inutile d’antimicrobiens, l’amélioration de la biosécurité dans les exploitations agricoles, le renforcement de l’hygiène alimentaire, la surveillance des bactéries résistantes chez les animaux et dans l’environnement, ainsi que l’intégration de la surveillance génomique à l’échelle intersectorielle.
Le message central est que le risque bactérien zoonotique est entretenu par des systèmes écologiques et de production interconnectés. Une lutte efficace dépend donc non seulement de la détection des cas humains, mais aussi de l’identification des lieux où les bactéries sont maintenues, se multiplient et se transmettent de manière répétée avant que l’infection n’atteigne les personnes.
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