Retour aux articles
Zoonose : la leptospirose en forte augmentation en France et dans le monde
V
Vetitude
12/04/2017
5 min de lecture
0 commentaire
Partager :
Près d’un siècle après sa découverte, la leptospirose reste une maladie négligée, mal connue et sous-estimée, en particulier concernant ses modes de transmission, ses facteurs de risque et ses souches cliniques. Essentiellement liée à l’eau, à la chaleur et aux rongeurs, cette zoonose émergente se propage depuis quelques années en France, où son incidence est en forte hausse, mais aussi dans le monde entier. Avec un million de cas et environ 60 000 décès par an, son incidence mondiale est désormais similaire, voire supérieure, à celle d’autres maladies négligées comme la dengue ou la leishmaniose. Selon le numéro spécial du BEH* consacré à Leptospira en France, il est urgent de mieux comprendre l’épidémiologie de la maladie et de sensibiliser les professionnels de santé, publique comme animale, à son diagnostic.
La leptospirose est la maladie zoonotique la plus répandue à l’échelle mondiale en raison des nombreux mammifères réservoirs, sauvages ou domestiques, susceptibles de transmettre la bactérie pathogène à l’homme, hôte occasionnel. Elle représente un problème de santé publique émergent, notamment en Europe, en lien avec les changements climatiques (réchauffement, inondations), le développement des loisirs et l’urbanisation (augmentation des activités à risque, des populations de rongeurs, des zones insalubres, etc.). En outre, elle reste largement sous-estimée en raison de symptômes peu spécifiques, qui peuvent être confondus avec les signes cliniques d’autres maladies comme la grippe, le paludisme, le chikungunya ou encore la dengue. Selon les dernières estimations, plus d’un million de cas sévères de leptospirose sont rapportés chaque année dans le monde, avec un taux de mortalité qui oscille entre 5 et 20 %.
Dans l’Hexagone, son incidence chez l’homme a doublé depuis 2011, pour atteindre un cas pour 100 000 habitants en 2014-2015 (plus de 600 cas recensés sur cette période), un record depuis 1920. La France est un des pays industrialisés qui enregistre le plus grand nombre de nouveaux cas. Dans les départements et collectivités d’outre-mer, où la maladie est endémique, cette incidence est même jusqu’à cinquante fois plus importante qu’en métropole.
Si la leptospirose n’est plus une maladie à déclaration obligatoire en France depuis 1986, elle reste sous surveillance passive. L’activité diagnostique est essentiellement assurée par le Centre national de référence, qui analyse environ 4 000 échantillons par an, et par des laboratoires privés, qui réalisent les deux tiers des diagnostics biologiques. Les professionnels de la santé animale ne sont pas en reste. Via des partenariats entre le CNR et les vétérinaires, ces derniers contribuent activement à la surveillance de la zoonose, notamment via la mise en œuvre d’études de prévalence de Leptospira dans la faune sauvage, chez les rongeurs et chez les animaux de rente.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Se connecter pour commenter