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Les zoonoses du rat
MR
Mia Rozenbaum
13/05/2020
7 min de lecture
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Les rats cohabitent avec les humains depuis toujours, et il en va de même pour leurs pathogènes. Bactérie, virus, parasites… plusieurs ont même évolué pour infecter l’humain. Les connaissances sur ces zoonoses sont fondamentales pour mieux prévenir et traiter ces maladies, et surtout pour apprendre à éviter l’émergence de nouvelles maladies comme cela a été le cas pour le COVID-19.
L’humain coexiste depuis des millénaires avec les rats. Depuis peu il les étudie et les apprivoise mais ils font depuis toujours partie intégrante de la culture et de l’histoire de l’humanité. Et pas toujours pour de bonnes raisons.
Souvent associés à la saleté, à des nuisibles, et à la maladie, les rats ont été porteurs de nombreuses pathologies qui ont été transmises à l’humain au cours du temps. On retiendra tous la peste noire qui tua des millions de personnes au 14ème siècle et qui laissa une cicatrice dans l’histoire. Parmi les plus graves zoonoses du rat, on identifiera aussi la leptospirose, la choriomeningite lymphocytaire, ou encore le sodoku.
Morsures, griffures, contact avec l’urine ou les excréments ou piqures d’un vecteur, suffisent souvent à contaminer. La connaissance de ces maladies est fondamentale afin de prévenir efficacement les pathologies et les traiter au mieux.
Mais pas seulement, la crise actuelle de COVID-19 nous rappelle que la connaissance des zoonoses est primordiale dans la gestion de nouvelles maladies émergentes d’origine animale. Il ne faut pas oublier que 60% de toutes les maladies infectieuses humaines émergentes proviennent de populations animales. Et une des dernière en date concerne le rat et l’hépatite E.
Un point sur les zoonoses du rat les plus connues.
On note particulièrement la leptospirose, couramment appelée la « maladie du rat », souvent méconnue mais qui peut s’avérer particulièrement dangereuse. Elle affecte 600 personnes chaque année en France et touche particulièrement les travailleurs des zones marécageuses comme les agriculteurs et les égoutiers.
Les bactéries nommées « leptospires » sont principalement stockées dans les reins des animaux contaminés puis dans leur urine. Elles contaminent ensuite leur pelage et leur environnement se développant préférentiellement dans les milieux chauds et humides (eaux douces, sols boueux) où elles peuvent survivre durant plusieurs mois. Infectant par les voies transcutanées ou les muqueuses les bactéries peuvent entrainer des dommages au foie et aux reins.
La vaccination (3 injections puis rappel tous les deux ans) n’est recommandée que dans certaines indications restreintes, posées au cas par cas, notamment dans le cadre de la médecine du travail et en prenant en compte les risques environnementaux et individuels. Ce vaccin ne protège que contre la Leptospira interrogans, soit environ 30% des cas, et a de fréquents effets secondaires.
Un autre risque souvent méconnu est la fièvre de la morsure du rat, qui comme son nom l’indique est transmise par morsure. La bactérie principalement responsable, Streptobacillus moniliformis, est un hôte habituel de la cavité buccale du rat et est transmise à l'homme dans jusqu'à 10% des morsures.
La plaie de la morsure guérit rapidement, mais après une période d'incubation un syndrome viral aigu apparaît avec frissons, fièvre, vomissements, céphalées, dorsalgies et arthralgies. Cette maladie peut se révéler rapidement mortelle par septicémie en l’absence d’une antibiothérapie précoce. Non traitée, la fièvre par morsure de rat a une létalité d'environ 10%.
Certaines espèces de rats sont des porteurs connus d'hantavirus. Le syndrome pulmonaire à hantavirus est l'une des maladies les plus graves transmises par des rongeurs, qui a particulièrement fait parler de lui ces dernières années dans les régions occidentales des États-Unis. Les premiers symptômes sont similaires à ceux de la grippe, mais ils s'aggravent rapidement en touchant poumons, reins et cœur.
S’il reste non traité, la maladie peut rapidement engager le pronostic vital. Nécessitant souvent une hospitalisation en soins intensifs, les infections sont graves et mortelles dans environ 40% des cas. Les rongeurs ne sont pas affectés par les virus, mais ils les propagent par la salive, l'urine et les matières fécales.
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