Une seule santé & Zoonoses 09/10/2026 · 3 min de lecture

La giardiase chez les chats : une vaste étude nord-américaine révèle une prévalence de 6,3 % et un potentiel zoonotique important

Bertrand Neveux

La giardiase chez les chats : une vaste étude nord-américaine révèle une prévalence de 6,3 % et un potentiel zoonotique important

Une vaste étude moléculaire portant sur plus de 157 000 chats domestiques aux États-Unis et au Canada a révélé la présence de Giardia duodenalis dans 6,3 % des échantillons de selles. Parmi les chats infectés, 18,5 % étaient porteurs des assemblages A ou B, des groupes génétiques considérés comme présentant un potentiel zoonotique car ils peuvent infecter les humains ainsi que d’autres mammifères.


Cette étude rétrospective a analysé 157 616 échantillons de selles félines envoyés à un laboratoire de diagnostic entre mars 2022 et août 2023. Les échantillons provenaient de 49 États américains, de Washington DC et de cinq provinces canadiennes. Au total, 9 962 chats se sont révélés positifs à G. duodenalis. Parmi ceux-ci, 1 840 (18,5 %) étaient positifs pour les assemblages A/B, qui présentent un intérêt particulier dans le cadre de l’approche « One Health » car, contrairement à l’assemblage F, davantage adapté aux chats, ils peuvent être présents chez l’homme et d’autres hôtes mammifères.

Les chatons présentaient la prévalence la plus élevée

L’âge constituait l’un des facteurs de risque les plus importants. Les chatons de moins d’un an présentaient une prévalence de 10,7 %, contre seulement 1,3 % chez les chats âgés de 10 ans ou plus. Parmi les chatons positifs à Giardia, 19,7 % étaient porteurs des assemblages A/B potentiellement zoonotiques. La diminution de la prévalence avec l’âge correspond à une plus grande sensibilité et à une exposition plus importante chez les jeunes animaux, bien que l’étude ne permette pas de déterminer si cette différence s’explique par l’immunité, le comportement ou les conditions d’élevage.

Les chats mâles et non stérilisés présentaient un risque plus élevé

Les chats mâles présentaient un risque 20 % plus élevé de détection de Giardia que les femelles. Le statut de stérilisation interagissait également avec l’âge. Chez les chats âgés de plus d’un an, les animaux non stérilisés présentaient généralement un risque d’infection plus élevé que les chats stérilisés. Chez les jeunes adultes âgés de 1 à 6 ans, les chats non stérilisés présentaient un risque environ 1,65 fois plus élevé de détection de Giardia.

L’infection variait selon la saison et la région

C’est en été que la prévalence était la plus faible, à 4,6 %, contre 7,1 % au printemps, 7,7 % en automne et 8,1 % en hiver.

Sur le plan géographique, le Midwest américain présentait le taux de détection le plus élevé, à 7,8 %, suivi du Nord-Est à 6,4 %, de l’Ouest à 6,1 % et du Sud à 5,9 %. Les chats du Midwest avaient 1,36 fois plus de chances d’être testés positifs que ceux du Sud.

Un potentiel zoonotique ne signifie pas une transmission avérée

La détection des assemblages A ou B chez les chats démontre une compatibilité zoonotique potentielle, mais ne prouve pas que ces chats aient transmis l’infection à l’homme. La plupart des infections à Giardia chez les félins sont par ailleurs subcliniques. Néanmoins, les chats infectés peuvent excréter des kystes dans l’environnement, créant ainsi un risque d’exposition par le biais de litière, de surfaces, d’eau ou de mains contaminées.

Ces résultats plaident donc en faveur d’un dépistage fécal systématique, en particulier chez les chatons et autres chats à haut risque, parallèlement à des mesures d’hygiène dans les foyers accueillant plusieurs chats, les refuges et les environnements partagés avec des personnes vulnérables.

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