Épidémies & Épidémiologie 02/10/2026 · 5 min de lecture

Le virus du Nil occidental en Europe : le nombre de décès augmente aux Pays-Bas, tandis que la France et l'Espagne signalent une propagation continue chez les animaux et chez l'homme

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Le virus du Nil occidental en Europe : le nombre de décès augmente aux Pays-Bas, tandis que la France et l'Espagne signalent une propagation continue chez les animaux et chez l'homme

L'activité du virus du Nil occidental est restée importante dans toute l'Europe cette semaine, les nouveaux signaux les plus évidents provenant notamment des Pays-Bas, de la France, de l'Italie et de l'Espagne. Les Pays-Bas ont signalé quatre décès supplémentaires ainsi que de nouvelles infections chez l’homme, les chevaux et les oiseaux. La France a recensé 28 nouveaux cas humains d’origine locale en une semaine, tandis que l’épidémie chez les chevaux a atteint 364 cas symptomatiques ; l’Espagne a quant à elle enregistré la première épidémie équine de la saison en Aragon.


Les chiffres ci-dessous portent sur les évolutions signalées entre le 24 septembre et le 2 octobre 2026. Les systèmes de surveillance nationaux étant mis à jour à des dates différentes et utilisant des définitions différentes pour les cas chez les animaux et les foyers épidémiques, il ne convient pas de les regrouper en un seul total européen.

Pays-Bas : 12 nouvelles infections humaines et quatre décès supplémentaires

Les Pays-Bas ont connu l’une des évolutions les plus marquantes de la semaine. Le 1er octobre, l’Institut national néerlandais pour la santé publique et l’environnement (RIVM) a signalé 12 infections humaines supplémentaires depuis sa précédente mise à jour du 24 septembre. Quatre de ces patients sont décédés, portant le total pour 2026 à 56 cas signalés et neuf décès. Les 12 nouveaux cas signalés ont tous été contractés par piqûre de moustique.

La concentration géographique reste la plus forte en Hollande-Méridionale, qui compte 32 cas humains, suivie par Utrecht avec 12, la Hollande-Septentrionale avec cinq, le Brabant-Septentrional avec quatre, la Gueldre avec deux et l’Overijssel avec un. Le RIVM estime néanmoins que l’épidémie a probablement dépassé son pic, car le nombre de nouvelles infections est en baisse.

La surveillance animale montre le même ralentissement, mais la circulation du virus se poursuit. Au cours de la semaine, 14 chevaux supplémentaires ont été testés positifs, portant le total néerlandais de 136 à 150 chevaux. Sept oiseaux supplémentaires ont également été confirmés, ce qui porte le total national à 178 oiseaux infectés. Aucun autre groupe de moustiques positifs n’a été détecté ; le total cumulé reste de quatre.

L’épidémie néerlandaise reste particulièrement instructive dans une perspective « One Health », car le même système de transmission est observé simultanément chez les humains, les chevaux, les oiseaux sauvages et les moustiques.

France : 28 cas humains supplémentaires et 364 chevaux présentant des symptômes

La France a également enregistré une augmentation substantielle cette semaine. Santé publique France a signalé 145 infections humaines d’origine locale au 28 septembre, contre 117 la semaine précédente — soit une augmentation de 28 cas en sept jours. La transmission s’étend désormais à la Provence-Alpes-Côte d’Azur, à l’Occitanie, à l’Île-de-France, à l’Auvergne-Rhône-Alpes, à la Nouvelle-Aquitaine, aux Pays de la Loire et au Centre-Val de Loire. Pour 14 patients, le lieu précis de l’infection n’a pas pu être établi.

La situation chez les animaux est nettement plus importante. Une mise à jour épidémiologique publiée le 30 septembre par la communauté vétérinaire équine française, sur la base des données du laboratoire national de référence, a fait état de 364 cas symptomatiques chez les équidés et de 18 cas positifs chez les oiseaux depuis le début de la saison de surveillance. La circulation du VNO a désormais été mise en évidence dans 33 départements répartis sur huit régions. Cela représente une augmentation importante par rapport aux 253 cas équins recensés au 11 septembre et confirme que la transmission équine s’est poursuivie tout au long de la seconde moitié du mois.

L’Île-de-France illustre à quel point les signaux humains et animaux se recoupent désormais étroitement. Au 28 septembre, la région avait enregistré 23 cas humains autochtones, dont 13 infections neuro-invasives et trois décès, parallèlement à des détections chez les équidés et les oiseaux.

Italie : 27 cas humains supplémentaires en une semaine

L’Italie reste le plus grand foyer humain en Europe. Le bulletin national de surveillance publié le 1er octobre faisait état de 727 infections humaines confirmées par le VNO au 30 septembre, contre 700 une semaine plus tôt. Parmi ceux-ci, 383 étaient des cas neuro-invasifs, 247 se sont manifestés sous forme de fièvre du Nil occidental, 93 concernaient des donneurs de sang asymptomatiques et plusieurs présentaient d’autres manifestations cliniques. Cinquante-quatre décès ont été signalés, dont un cas importé.

L’empreinte géographique s’est également étendue au cours de la semaine. La circulation du VNO est désormais documentée dans 85 provinces réparties dans l’ensemble des 20 régions italiennes, contre 83 provinces dans 19 régions une semaine plus tôt. Cette définition intégrée inclut les données issues des humains, des animaux et des vecteurs.

L’Italie se distingue donc du nouveau foyer apparu dans le nord-ouest de l’Europe : il ne s’agit pas d’un événement émergent et localisé, mais d’une transmission généralisée et bien établie sur une grande partie du territoire.

Espagne : premier foyer équin de 2026 en Aragon

Le principal nouveau signal animal en Espagne provenait d’Aragon, où le premier foyer équin de virus du Nil occidental de 2026 a été signalé à San Esteban de Litera, dans la province de Huesca.

L’exploitation touchée abritait 30 équidés sensibles, dont un animal a été déclaré infecté. Cela étend la portée géographique de la circulation avérée du virus chez les animaux à l’Aragon, après des épidémies antérieures en Catalogne, en Andalousie, en Castille-La Manche et en Estrémadure. L’Espagne avait enregistré 29 épidémies de VNO chez les animaux en 2026 au début du mois d’octobre.

Cette détection revêt une importance épidémiologique, car elle marque une nouvelle expansion vers le nord-est de l’activité équine, plutôt qu’une concentration persistante uniquement dans les foyers traditionnels du sud de l’Espagne.

Ce schéma de fin de saison ne se limite donc plus à l’Europe du Sud. La surveillance animale, en particulier chez les chevaux et les oiseaux sauvages, continue de révéler une circulation active du virus sur une large bande s’étendant de la Méditerranée au nord-ouest de l’Europe.

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